mardi 26 août 2008

Et une sicilienne, une sicilienne ...



Un blitz classique. J'exploite les mouvements de fous un peu vain de mon adversaire pour arriver à une pression importante sur l'aile dame des blancs ... l'adversaire me laisse seul. Le trait est donc aux noirs dans la position représentée ci-dessus. A-t-il abandonné trop vite? Qu'auriez-vous joué?

Mon adversaire avait raison (!!) car après le coup instinctif 17...b4 (et non Fg5 .. l'ordre des coups change tout) 18.Cd1 (défend le pion b2) Fg5 19.Td4? (pour éviter 19... Fb5) Fb5 et la dame est prise au piège; donc il faut jouer 19.Td3 Fb5 avec avantage décisif pour les noirs. On pouvait donc pour éviter ça (!) jouer le coup qui semblait plus faible 18.Cb1 mais alors 18...Fb5 (ne pas prendre tout de suite le pion ... un peu de subtilité que diable :) ) 19.Dd1 Fxb2 (maintenant ... car Fg5 ne donne rien) et la position est intenable (voir diagramme ci-contre)

Sicilienne : attention à l'ordre des coups.

Une partie par correspondance. Mon adversaire intervertit l'ordre des coups ... mauvaise idée.


Un premier coup non orthodoxe 5....Fe7 alors que Dc7, Cf6 ou Dc7 sont plus joués. D'ailleurs pourquoi? Par interversion de coups nous retombons dans une variante de la Scheveningen. Mon adversaire privilégie le placement de son cavalier, 14.Cc5??, au détriment du développement harmonieux de ses pièces, il faut dire que je l'ai fortement poussé dans cette direction avec 13...e5. C'est fatal. L'échange 15.exd6 (qui précède 16. FxCc5) n'a pas été analysé suffisamment en détail par mon adversaire. En effet, toutes les prises du pion sont fatales. Il choisit de subir l'attaque double contre sa tour et son roi en jouant 15...Dxd6. Il abandonne après 17.De4.

Pour conclure, deux petites remarques élémentaires et importantes :

1. Il faut toujours prévoir toutes les simplifications possibles d'une position. Elles ont pour but de modifier le paysage en ouvrant de nouvelles voies (et perspectives) mais surtout de mettre en exergue les avantages et les faiblesses des positions. Elles sont donc propices à des possibilités tactiques.

2. L'ordre des coups dans la sicilienne peut-être modifié, mais encore faut-il savoir retomber dans une variante favorable.

lundi 25 août 2008

Blitz : il ne suffit pas de gagner la qualité

Une partie de blitz un peu plus longue que je ne l'avais prévu .. après une ouverture étrange qui a le mérite de me faire perdre du temps (il ne me reste plus qu'une minute pour jouer la fin de la partie à partir du 15 ième coup) ...
Pour être honnête, je n'avais pas prévu que ma réponse à 2.d5?! serait aussi efficace.
Voici la partie. L'intérêt majeur réside essentiellement dans ma capacité à trouver des coups honnêtes malgré un manque cruel de temps.

Pour l'anecdote, cette partie a été jouée après que j'ai suivi la belle victoire du grand Ivanchuk contre Morozevitch lors de la septième ronde du grand tournoi "Memorial Tal" de Moscou. (J'ai eu très peur qu'il n'obtienne que la nulle après sa petite imprécision 48.Dd6?!).
[pour une première analyse, voir par exemple : http://chesspro.ru/chessonline/onlines/index_1125.html]
Inutile de préciser (formule gentiment paradoxale) qu'il n'y a aucun rapport entre le combat des deux titans et le blitz ci-dessous!
Seul petit lien entre les parties, Ivan et Moro ont réussi à se mettre en zeitnot après leurs vingt premiers coups puisqu'ils ne leur restaient (de mémoire) plus que 9 minutes pour jouer les 20 derniers coups. Ils ont donc dû blitzer pour atteindre le premier contrôle de temps.



Dans un soucis de conservation, je donne également la notation brute de la partie jouée sur le serveur de jeu en direct de d'Europe-echecs :

Y-X(moi-même)
25 août 2008

1. d4 Nf6
2. d5 e5
3. dxe6 fxe6
4. g3 Bc5
5. Bg2 O-O
6. c3 Ng4
7. Nh3 Bxf2
8. Nxf2 Nxf2
9. Qb3 Nxh1
10. Bxh1 c6
11. Bf4 d5
12. Nd2 Nd7
13. O-O-O e5
14. Be3 Nf6
15. Bc5 Re8
16. Nf3 h6
17. c4 e4
18. Nh4 b6
19. Bf2 Be6
20. Qa4 Qc7
21. Bd4 Nd7
22. cxd5 cxd5
23. Kb1 Qd6
24. Ng6 a6
25. Nf4 Bf7
26. Rc1 b5
27. Qd1 Rec8
28. Bg2 Rxc1
29. Qxc1 Nb6
30. Bxb6 Qxb6
31. Qd2 Qc6
32. e3 Rc8
33. Ne2 Qc4
34. Bf1 d4
35. exd4 Qxa2
Abandon des blancs.

dimanche 24 août 2008

Savoir promouvoir ses pions



Un moment décisif (diagramme ci-dessus)
Je joue c2! Etait-ce le meilleur coup? .... Je pense que vous avez la réponse (voir fin du message)

Voici la partie de blitz (5/5) d'où est extraite la position :

Il y a quelques pointes intéressantes et le jeu contient plusieurs changements d'états relativement originaux.

Quel suspens? La partie montre clairement que 26...c2 était mauvais. Il fallait jouer l'évident 26....Cc2, car alors il n'y a pas perte du cavalier lors de la promotion, ce qui signifie le gain. On en déduit que le sacrifice de la qualité qui précédait 22...TxFb2 était bien justifié ... ce qui semblait intuitivement clair, si ce n'est évident.

mardi 19 août 2008

Blitzkrieg à la sicilienne Najdorf

Mon adversaire sort de la ligne principale par un b5 rapide. Ne connaissant quasiment pas cette ouverture (c'est lamentable), j'improvise tout d'abord la défense du centre, puis une attaque du roque qui fonctionne bien grâce à une erreur (en première analyse) de mon adversaire. Il me permet une attaque à la découverte contre sa dame qui me fait gagner la qualité puis il reprend avec la mauvaise pièce ce qui le plonge dans une position très délicate ... il abandonne.



A posteriori, je me demande si 9. O-O-O est la réponse ad hoc à b5. Il y avait bien évidemment beaucoup mieux!
Par b5 les noirs expose beaucoup trop tôt leur tour et donnent aux blancs un avantage immédiat par 9.e5, attaque double, 9...Cd5 est forcé et après 10.Fxe7, soit 10...Dxe7 11.Cxd5 exd5 11.Dxd5 puis Dxd6, soit 10...Rxe7 avec les mêmes coups et le même résultat avec le roi déroqué.
Ce qui est incroyable, c'est que le site www.chesslive.de qui répertorie de nombreuses parties, donne des statistiques équilibrées après 9.e5. Ceci s'explique sans doute par le fait que, dans aucune des parties, il n'est joué le coup intermédiaire Fxe7 qui, de mon point de vue, est important.

Malgré tout, par transposition, la partie est retournée à une variante connue (après les coups très classiques des noirs Fb7 et Cbd7 qui menace Cc5 avec pression sur le pion crucial e4). Est-ce que ma stratégie d'attaque était correcte? Y avaient-ils de meilleurs coups de part et d'autre?

lundi 18 août 2008

On ne peut chasser deux lièvres à la fois.

Les noirs, en l'occurence moi, disposent de 2 secondes à la pendule (avec ajout de 5 secondes à chaque coup joué) pour arracher la nulle ... après le coup que vont jouer les blancs (voir diagramme ci-dessous) ... d'ailleurs que jourriez-vous à leur place?
Ils jouent ... e6. Je dois choisir entre l'un des deux pions ... et je choisis le mauvais! Lequel fallait-il croquer?
Après Rxc6?, qui est le choix de l'instinct (se rapprocher pour défendre le pion a6), Fc5 met les noirs en zugzwang. Il fallait donc jouer ....

Blitz : deux diagonales

Toujours la Philidor ("spécialité en Blitz pour les joueurs débutants") et j'ai des difficultés à trouver des coups satisfaisants. Le jeu se concentre sur l'exploitation (par les fous ... qui d'autres) des diagonales d8-h4 et a2-g8 pour les noirs et la diagonale a1-h8 pour les blancs. Je fais une manoeuvre tactique bizarre qui me permet de lancer une petite combinaison de mat que mon adversaire ne connaissait pas, malheureusement pour lui!



Analyse rapide : 4....Cc6?! (Cf6 est la ligne principale); 9.h4?! reflète mon inquiétude quant à la position de mon fou (je crains Cxe4!); 12.Cd5?! montre ma fatigue, je ne vois qu'il y a prise en h4! (même la prise ultérieure du pion h4 va conduire à la défaite des noirs!!).
L'erreur fatale des noirs est le coup 18.Fe6?? qui permet le pseudo-sacrifice évident 18...Fxg7 ... mais je ne vois pas cette manoeuvre et je joue le gourmand, mais logique, 19.Fe5 (pour prendre le pion faible d6).
Ce dernier coup, 19.Fe5, semble réfuté par 19...Fxa3+, 20...Da5+ (si Rxa3) mais les blancs ne sont pas obligés de prendre le fou, en effet après 20.Ra1 il n'y a rien à craindre à 20...Da5 car après 21.Txd6 (ainsi le fou défen toujours le pion b2) Fb3+ 22.Rb1 Da2+ 23.Rc1 Da1+ 24.Rd2 le fou b3 doit reculer (si Da5+ alors Fc3 b4 Fxg7 avec attaque de mat) en e6 et l'attaque des blancs est irrésistible, Fxg7 semble le meilleur. Après 19...d5??, je vois enfin la manoeuvre gagnante ... mon adversaire abandonne (que jouer d'autre que Rxg7 qui mène à la castrophe).

Hyper-Blitz : "de l'ouverture à la finale"

Les noirs sortent de l'ouverture avec un avantage, laissent de façon risquée (et voulue) l'adversaire reprendre l'initiative, mais avec un peu de chance ils reprennent le dessus en finale pour finir par mater très rapidement! Le blitz avec 3 minutes par joueur ne produit pas toujours des parties d'un très bon niveau mais il permet de tester rapidement (!) les compétences techniques générales d'un joueur ... et il faut rester concentrer.



Il faudrait analyser la justesse du jeu des noirs dans l'ouverture! Est-ce que 8.Fxc3 est le coup à jouer?
De même pour 9.Cxc3. La contre-attaque 12...c5?! semble douteuse; 12...g6 pour bloquer l'avancée du pion f ou 12.Dh4+ semblent bien meilleurs.
Par contre, 20...Dxd4, qui donne la qualité, n'est peut-être pas si mauvais car la finale qui en résulte est difficile à jouer pour les noirs. En effet, les pions centraux noirs sont très forts et de plus, dans une telle position, le couple cavalier-tour n'est pas inférieur aux deux tours adverses, car le cavalier peut beaucoup mieux se faufiler dans la position adverse alors que les tours sont quasiment inutiles pour arrêter la phalange de pions.

Premier bilan après quelques parties en blitz :
- la connaissance des ouvertures n'est pas le point primordial : il ne faut simplement pas se laisser déstabiliser par un jeu non conventionnel de l'adversaire et surtuot ne pas perdre de temps ni d'énergie à trouver le meilleur coup ou la réfutation parfaite!
- il faut surtout être très attentif aux variations dans les phases tactiques qu'il faut savoir évaluer très rapidement
- il est également très important de savoir garder une certaine cohérence stratégique bien que, et cela peut paraître paradoxal au premier degré, il faille également être capable de changer complètement de style de jeu ou d'objectif stratégique.

Blitz-l'ouverture et puis quoi?

Mon adversaire ne sait pas quoi jouer au sortir de l'ouverture (variante Breyer de l'espagnole); il gaffe, puis abandonne de suite!
L'ouverture a-t-elle était jouée correctement de part et d'autre? Quels sont les plans en jeu dans cette variante? Quelle morale en tirer?



La variante Breyer est caractérisée par les coups Cb8, Cbd7, Fb7, Te8, Ff8, g6 pour les noirs et Cbd2, Fc2, Cf1 Cg3 pour les blancs. Tout simplement, chaque camp déplace un cavalier de l'aile dame à l'aile roi.
La ligne principale (15.a4 c5 16.d5 ...) est quittée par 15.Fg6.
Après 16.Fd2, le coup 16...Rh7 est naturel. Par contre, les blancs jouent 17. Tc1 qui semble prématuré (les blancs semblent un peu à l'étroit). Le coup 18.Fb3 (c'est un blitz, ce qui explique cela) n'est qu'une perte de temps. L'avancée d5 est un moment important dans l'ouverture puisqu'elle stabilise le centre .. de façon prématurée. Après 21.b3 (pour jouer c4 et empêcher Ca4) est mal compris par l'adversaire qui joue 21...b4? La position qui en résulte n'est pas vraiment catastrophique : les noirs ont perdu un pion, leur cavalier doit quitter sa position et la colonne est semi-ouverte pour la tour c1.
Pourquoi cet abandon?

vendredi 15 août 2008

Des aller-retour.

Bonjour.
Voici une partie blitz. Mon adversaire joue de façon catastrophique l'ouverture mais je loupe plusieurs pointes tactiques qui auraient permis de décider de la partie dès ce stade. Celui-ci arrive alors à équilibrer le jeu, puis à prendre le dessus. En exploitant le manque d'expérience des noirs dans la perception de la menace d'une promotion (rapide) d'un pion, j'arrive finalement à le vaincre. Voici la partie, émaillée de nombreuses erreurs et de tâtonnements. Les joueurs font faire à plusieurs de leurs pièces des aller-retour assez comiques.


Les noirs quittent le jeu (en se déconnectant du site) après le dernier coup ... ce qui équivaut, il me semble, à un abandon.

Lors de l'analyse post-mortem, le premier gain rapide que je trouve (car j'ai pensé à la bonne combinaison pendant le blitz mais je ne suis pas allé au bout du calcul) aurait dû se produire après 14....Cbd8 (voir diagramme ci-dessous). Que fallait-il jouer?

J'ai choisi de roquer alors que 15.e6! décidait de la partie. En effet, toutes les variantes conduisent à la perte du cavalier. Par exemple, 15...Dxe6+ 16.Ce5! (ce que avec la pression du temps j'avais évalué comme trop dangereux) f6 17.Fxc6+ (le roi n'a aucune case de fuite à cause du cavalier en e5 qui contrôle f7 et d7) Cxc6 18. Dxc6+ Dxc6 (après Rd8, DxTa8+ suivi sur Dc8 de l'échange des dames et du gain d'une deuxième pièce par CxFg4) 19.Cxc6 et c'est fini.

En analysant la partie, on peut trouver mieux. Il faut remercier les noirs qui, à l'aide de leurs multiples mouvements de cavaliers, fournissent toutes ces combinaisons ... que je n'ai malheureusement pas trouvées dans le feu de l'action!

A. Après 9...Cb7, au lieu de 10.Fb2? qui ne mêne à rien (ce fou aura d'ailleurs un rôle quasiment nul dans la partie), 10.Fb5 (coup évident ... ne pas sous-estimer les coups évident, surtout contre un adversaire débutant) gagnait par 10....Fd7 (quoi d'autre) 11.Da4 Cb8 12.c6 fourchette qui gagne une pièce et qui était la pointe de la manoeuvre. Les douze coups de minuits en quelque sorte qui aurait conclu la partie de façon plus satisfaisante après les multiples erreurs (évidentes) des noirs dans les premiers coups. On pourrait croire que les blancs pouvaient gagner de façon quasiment identique par 10. Da4.Fd7 11.c6 mais il y a une échappatoire! En jouant leur dame par 10....Dd7 les noirs annihilent l'attaque des blancs car 11.Fb5 Cbd8 12.e6 (impressionnant mais inefficace dans cette variante) Dxe6+ 13.Ce5 Fd7 14.FxCc6 CxFc6 et le clouage du cavalier e5 est fatal aux blancs.

B. Au lieu de 8. Cbd2, qui visait à contrôler la case c4 que le cavalier noir risquait d'occuper après le coup suivant prévu 9.b4, on pouvait jouer tout de suite 8.b4.Après 8...Cc4 (forcé) 9.Fxc4 dxc4, le coup 10.d5 permet de prendre le contrôle du centre, la prise du pion b4 est interdite par Da4+, d'où 10.Cb8 et la position des blancs est très avantageuse même si le gain ne semble pas immédiat (voir figure ci-contre). Quel plan proposeriez-vous?

C. Il y a certainement d'autres coups qui m'ont échappés ... à vous de jouer!

Les fous dansent mais les tours décident.

Un petit blitz avec classiquement une scandinave pour les noirs. La pseudo attaque des noirs est contrée assez efficacement par un blocage du roi adverse au centre puis par une ouverture au centre exposant ce même roi. Les noirs perdent au temps alors qu'ils restent 2 minutes 39 secondes pour l'autre camp.



On remarque que l'ouverture est finalement très proche d'une variante bien connue de l'Alekhine ce qui n'a rien de surprenant étant donné l'objectif assez similaire de ces ouvertures, offrir le centre aux blancs et le faire avancer pour plus facilement l'affaiblir.
Quelques critiques sur les choix des noirs. Le coup 6....c6 n'est pas conforme à l'esprit de ce type d'ouverture puisqu'il vise (il me semble) à empêcher l'avancée du pion central blanc d4. Il fallait jouer 6... Cc6 pour transposer dans une ligne connue de cette ouverture (avec pour suivre 7.0-0 e6 8.Cc3 Fb4 9.d5 Ce7 10. Db3 a5 11.Td1 avec un léger avantage pour les blancs). 8. ... Fb4! est actif et vise à exercer indirectement une pression sur le centre. Les blancs, après cette analyse, tendent un petit piège (c'est en réalité une grosse erreur) aux noirs avec 9.b3? qui incite le fou à continuer son action, avec a priori plus d'efficacité puisqu'il lui permet d'attaquer directement le pion d4 par 9.Fc3!. Mais après le forcé 10. Tb1, ils comprennent qu'ils ne peuvent prendre ce pion (10. ...Fxd4?? 11.Cxd4 avec attaque du fou g4 et retour à l'abri du cavalier après FxFe2 et donc perte du fou pour les noirs). La position devient tendue. 10. .. C8d7? est une perte de temps surtout que les noirs pouvaient alors réfuter 9.b3? par 10...Ff5 qui gagne la qualité! les blancs jouent 11.Dc2 alors que 10. Fa3 semble meilleur. Les noirs perdent la paire de fou avec 11....Fxd2 mais ils n'ont pas d'autre choix. Après 12 . Dc7 les bancs centralise une tour pour contrôler la colonne e semi-ouverte. le naturel 13. Cf6? suite logique de 18 ... C8d7 est sans doute l'erreur la plus importante car il permet 14. Fb4! , les blancs prennent l'avantage. L'attaque des noirs qui suit est suicidaire. la réfutation par pression sur le centre et ouverture des lignes fonctionne parfaitement ... le noirs ne peuvent plus mettre leur roi à l'abri tandis qu'ils n'ont aucune menace concrète (réelle) sur le roi adverse.
Comme toujours en blitz, les erreurs plus ou moins importantes surgissent et ne sont pas toujours identifiées ni corrigées, c'est plutôt une mauvaise organisation du jeu, ainsi qu'un non respect de règles de base, qui conduit à la défaite.

mardi 12 août 2008

Quand tout est décanté.

Savoir passer en finale, ce n'est pas, comme dans un tournoi, accéder au dernier carré; mais c'est arriver à un achèvement, à un point où tout a été décanté, et donc où il ne reste plus que l'essence de la position (et donc du jeu) de chaque joueur.
La position obtenue après ce passage (voir figure de gauche) est à comparer à celle atteinte juste avant la transition (figure de droite) ou le saut quantique (que les physiciens me pardonnent pour cette métaphore un peu usée).
Toutes les ramifications (ou variantes) qui découlent de la position (qui précède le passage en finale) n'ont pas été analysées par votre serviteur mais j'en ai tout de même conclu que la structure des pions noirs devait prendre le dessus sur celle des blancs. Le plan de gain est simple :
1. bloquer l'avancée (si elle a lieu mais quoi d'autre?) du trio de pions blancs
2. créer grâce au surnombre un pion passé sur l'aile opposée ce qui obligera le roi blanc à changer d'aile laissant ses pions sans défense
3. attaquer les pions blancs sans défense
4. faire promouvoir un des pions de l'aile roi
La réalisation des deux premières étapes est bien représentée (et réalisée) dans la figure de gauche!
Il n'y a plus aucun doute sur la conclusion du jeu.

Ci-dessous la partie qui conduit à cette finale :


Le moment décisif de la partie est atteint quand les noirs jouent 17 ...Td5 (voir figure ci-dessous juste avant ce coup .. on observe que la dame noire semble piégée) anticipant les coups de l'adversaire qui vont aboutir à une simplification massive prémisse à la finale dont je viens de parler. En effet, la combinaison initiée par ce coup est basée sur un sacrifice temporaire (19 ... TxCe5) qui conduit à un gain d'un pion et donc à un avantage décisif dans une finale éventuelle. La combinaison repose essentiellement sur la menace de mat en g2 après 21 ... DxTe4 (qui empêche 22.Fxe7). On peut dire que la position (figure ci-dessous) est le préliminaire à la dernière simplification.


C'est donc cette position que les noirs ont anticipée puis analysée comme positive qui leur à permis de gagner cette partie.

dimanche 10 août 2008

La sicilienne est cruelle!

Un gain ultra-rapide après une succession de mauvaises décisions dans l'ouverture sicilienne. Voici la position après 10 ... Re7?? (il fallait jouer 10...Fxd6) qui décide du jeu.



Que jouent les blancs pour forcer l'abandon?

samedi 9 août 2008

Fight, fight and fight.


Une partie où les Dames auront pu exprimer toute leur puissance. Mon adversaire me propose la nulle alors que j'ai toujours un avantage mais qui semble décliner. J'hésite, puis je refuse! La fatigue ou la résistance de l'adversaire ne doivent pas diminuer notre soif de victoire!

Au sortir de l'ouverture, j'ai réussi à prendre l'ascendant et nous arrivons au premier "crossroad" important après 24...Cc8 (voir figure à gauche). Dans la fièvre d'une victoire qui me semble proche, j'oublie le coup évident 25...Fb5, pensant qu'en ayant évacué la menace qu'il contenait (le clouage de la dame et de la tour par Fb5 ... qui aurait pu se produire si je n'avais pas joué 24.De3), il ne pouvait être plus joué. Je joue donc avec confiance 25. Tc7?! mais 25 ... Fb5 me réveille soudainement! Si je veux conserver mon avantage il me faut rentrer dans une variante dangereuse. Après 28.... Tad8, les noirs ont repris l'initiative (voir figure ci-dessus à droite).
C'est fort logiquement qu'après 29....Dh5, mon adversaire me propose la nulle. Mais Mètis (voir "L'univers, les dieux, les hommes", J-P Vernant, page 43 (Points, Ed. du Seuil, 1999)) est à mes côtés; je trouve le solide coup défensif 30. Ff2 qui me fait perdre un pion mais me donne la possibilité de proposer, avec 33. Dc2, un passage en finale qui semble assez égal ... mais il n'en est rien! Mon adversaire n'accepte mais m'offre le choix au coup suivant (voir figure ci-dessous), en jouant 33...Dd3?.

La finale est alors jouée avec peu de conviction par mon adversaire. Sans doute la déception de mon refus de son armistice.



La position finale est à l'avantage des blancs; mais je pense que les noirs auraient dû jouer encore quelques coups! Il y a des variantes dans lesquelles une erreur des blancs auraient pu conduire au moins à la nulle. A analyser.

mardi 5 août 2008

Clouage


Illustration du thème du clouage à l'aide d'un blitz. Comme toujours, la différence se joue (!) avec l'ordre des combinaisons possibles (sur une même position). Que joue les blancs après 14.d5? (voir diagramme ci-dessus)




L'ouverture est classique (....). Comme toujours, l'adversaire affaiblit sa position ce qui jouera un rôle décisif dans la combinaison (simplissime) finale. On peut comparer les actions menées par les joueurs sur les deux ailes : alors que les blancs bloquent complètement l'attaque des noirs (qui semblent compter sur la prise de leur pion f6 pour ouvrir les colonnes ) par 9.g4, les noirs, au contraire facilitent le plan adverse par des avancées de points inappropriées (le qualificatif n'est pas d'une grande beauté mais je le préfère à inadapter!) : 11....b5? Après 14.Fxa4 la conclusion de la partie est prévisible. Les blancs menacent de déplacer leur cavalier en a5 aussi les noirs essaient-ils au plus vite de se déclouer, d'où 14....d5? Malheureusement 15.b5! enfonce le clou. Si 15 ... dxe4? alors il y a gain du cavalier par 16. bxCc6 qui attaque la dame (avec échec lors de la prise) . 16.... dxe4?? est la bévue finale (de type réflexe).
En effet, les noirs ne comptaient que sur 17.dxe4? alors que le coup choisi par les blancs, 17.Dxe4, est bien meilleur puisqu'il menace de gagner simplement le cavalier. 17. ... f5 dernier cadeau des noirs ne fonctionne pas à cause de la menace de mat en a8 après Fxc6 ou Dxc6. Je choisis 18.Dxc6 et l'adversaire abandonne (la pendule donne comme temps restants : 03:24 (blancs)/02:26 (noirs)).
Il est intéressant de noter que les noirs ont pris beaucoup de temps pour jouer 7....a6?! qui leur sera fatal.

Chaos N°1

Une partie Blitz pour changer. Tout d'abord quelques remarques sur le jeu à vitesse rapide, ici 5 minutes (réserve de départ) + 5 secondes (de temps ajouté à chaque coup). Il a plusieurs avantages et inconvénients :
+ il permet de se confronter en un minimum de temps à un maximum de difficultés
- il offre peu de temps pour analyser avec précision le jeu
+ il permet un test rapide d'une ouverture
les joueurs prennent en général beaucoup plus de risques (plus ou moins consciemment) donc :
+ les variantes, qui sont rejetées lors d'une analyse plus approfondies, ont plus de chances d'apparaître, c'est donc très instructif si on a le temps d'analyser le jeu a posteriori, ce qui n'est pas toujours le cas étant donné le principe même de ce type de jeu qui consiste à enchaîner les parties
- beaucoup, beaucoup de déchets.
+ la pression du temps force à prendre des décisions sous pression, cette caractéristique qui existe dans une partie classique est ici accentuée
Ceci est analyser plus en détails.
Voici donc une partie contre un adversaire débutant. Contre un tel adversaire, on obtient en général rapidement l'avantage, il ne faut alors pas succomber à la tentation de la recherche de la victoire trop rapide; par exemple en déclenchant des combinaisons mal maîtrisées. Cependant, quand l'adversaire est débutant, les menaces les plus évidentes lui échappent par exemple quand le jeu devient un peu complexe ou que la pression monte. Il ne faut donc pas hésiter à tendre des pièges qui contre un joueur plus fort seraient automatiquement éventés. En résumé, garder le contrôle du jeu plutôt que de chercher à briller et ne pas hésiter à tendre des pièges simples.




On peut résumer facilement ce type de partie (encore un avantage) : la sicilienne peu conventionnelle des blancs (5. f3) est réfutées par les noirs qui prennent le centre et se développe plus vite. Après un coup particulièrement faible, 12.h3?, les blancs se lancent à l'attaque par 13. ... Cd5 (centralisation classique du cavalier qui lui donne sa puissance maximale), menacent de petits pièges tactiques (après 14. ... Fa6 si 15. o-o alors 15 .. Ce3), appuient sur un des points faibles (celui qui peut faire s'écrouler la position adverse), la case c2, par 15 .. Tc8. Après 16. Fg3?, les noirs préfèrent conserver leur centre intact plutôt que de poursuivre logiquement leur plan par 16.Ce3, ils jouent le faible 16. .. f6?. Heureusement le suicidaire 18.o-o-o? permet une conclusion rapide et un peu chanceuse car, après le prévisible (et prévu) 19.c3, les noirs jouent (avec peu de conviction) le pseudo-sacrifice du fou b4 par 19. ... De7!? ... heureusement cela débouche sur une bonne combinaison simplificatrice 20. ... dxc3 21. Cxc3 Cxc3 22. bxc3 Fxb3 23. axb3 Txc3. La position des noirs est alors intenable, ceux-ci craquent avec 24. Tc1?? qui permet de mater rapidement (cependant 28. Da6+ était meilleur que mon choix 28.Db7).

C'est un bon exemple de ce qu'il ne faut pas faire en début de jeu :
- donner le centre à l'adversaire sans contrepartie
- perdre du temps en jouant plusieurs fois la même pièce, ici c'est le bouquet avec la dame, le fou blanc puis le fou noir
- affaiblir la position du roi en avançant des pions qui servent de protection : 5.f3? (typique d'un débutant .. mais qu'on peut (malheureusement ?!) rencontrer dans des parties de GMI pour des raisons très techniques), 12. h3??

En ce qui concerne, le jeu des noirs, pas vraiment d'erreurs graves; mais par contre des hésitations à analyser :
- temps de réflexion important avant de joueur l'évident 12. d4, cela n'est pas injustifié, il ne faut pas créér de levier inconsidérément, le duo d5-e5 étant excellent
- même défaut dans la position plus critique après 19. c3
De manière plus profonde : il ne faut pas perdre le fil rouge, ne pas dévier du plan général pour des raisons tactiques faibles (voir 16 .. f6?). Il faut donc garder son sang-froid, quand l'adversaire lance une contre-attaque. Bien estimer la menace, ici il n'y en avait pas! En effet, après 16 ... Ce3, l'attaque double annihilait le pseudo contre-jeu des blancs.